15-12-2005
Le système de navigation par satellite «Galileo» est une infrastructure de navigation par satellite. Il s'agit en fait d'une constellation de près de 30 satellites qui émettent des signaux et qui permettent à un individu de savoir où il se trouve, c'est-à-dire sa position exacte dans l'espace et dans le temps grâce à un récepteur intégré dans une voiture ou dans un téléphone portable.
C'est une technologie qui se développe de la même manière qu'Internet il y a une vingtaine d'années. Actuellement tout le monde connaît le GPS (système de positionnement global), une infrastructure militaire américaine qui a été progressivement ouverte à l'utilisateur civil mais de façon sélective. Selon ses promoteurs, le programme Galileo offre à l'Europe un système plus avancé et plus performant et qui de plus offre une gamme d'applications extrêmement variée.
Ces applications concernent d'innombrables domaines comme l'agriculture de précision, la médecine, les travaux publics, l'industrie, le guidage des aveugles, la surveillance des frontières, la traçabilité des produits alimentaires, le tourisme… Car il faut savoir que, dans presque tous les secteurs, on fait de plus en plus appel au positionnement par satellite.
C'est un marché qui représente à l'horizon 2010 quelque 300 millions d'euros, trois milliards de récepteurs, 250.000 postes d'emploi créés rien qu'en Europe. Il s'agit vraiment d'une nouvelle filière technologique et commerciale tout à fait comparable au développement prodigieux des télécommunications ces dernières années. Selon les initiateurs de ce système, si aujourd'hui, personne ne peut se passer d'un portable, demain, personne ne pourra se passer d'un récepteur qui lui dira où il se trouve avec précision.
Selon le ministre de l'Equipement et du Transport, la participation du Maroc à ce programme lui coûtera quelque 10 millions d'euros. Reste à savoir si Galileo peut être utilisé à ses fins militaires. Selon les responsables de la Commission européenne, il s'agit d'un programme strictement civil.
Ce qui fait dire un expert européen : «nous avons conçu un système civil contrairement aux Américains qui ont un système essentiellement militaire.
Cela dit, ce système intègre un service que nous appelons "Service gouvernemental réglementaire", il s'agit d'un signal sécurisé qui peut être utilisé par des militaires. Il y a une option qui peut être utilisée à des fins militaires le moment venu. Il y a, bien entendu, l'option de faire participer les pays qui contribuent au système Galileo à des utilisations qui aillent au-delà des utilisations strictement civiles».
Source : Le Matin, 15-12-2005
Abdelwahed Rmiche
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Positionnement par satellite
Le projet Galileo prend enfin son envol
L’Economiste, 27-12-2005
• Pour un investissement de 3,8 milliards d’euros, il permettra de localiser un objet en temps réel et au mètre près
• L’Europe espère gagner en indépendance
APRÈS des années de marchandage, le projet Galileo passe aux choses pratiques, avec le lancement mercredi prochain du premier des deux «démonstrateurs» qui permettront de tester en conditions réelles les technologies utilisées par le futur système de positionnement européen.
«C’est une étape essentielle du projet Galileo: le passage de la théorie à la pratique. Et l’expérience montre qu’il se passe toujours quelque chose dans l’espace...», résume pour l’AFP Dominique Detain, un des porte-parole de l’Agence spatiale européenne (Esa), chargé du dossier Galileo. Le satellite Giove A, un gros cube de 602 kilogrammes fabriqué par la société britannique SSTL, sera lancé du cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) mercredi à 11h19 heure locale (05h19 GMT) par une fusée russe Soyouz.
Giove A permettra de valider plusieurs technologies nouvelles, dont l’horloge atomique la plus exacte jamais envoyée dans l’espace: moins d’un milliardième de seconde de déviation par heure. Or, la précision de Galileo dépendra directement de l’exactitude des horloges embarquées de ses satellites. L’Esa se risquera aussi pour la première fois de son histoire à envoyer un satellite en orbite moyenne, à 23.000 kilomètres d’altitude. Ce positionnement permet une orbite très stable, autre préalable pour la précision d’un système de positionnement. «Mais nous ne connaissons pas aujourd’hui précisément l’environnement radio-électrique de ces orbites», souligne Detain.Grâce à Galileo, l’Europe espère gagner son indépendance dans un domaine stratégique, le positionnement par satellites, devenu indispensable pour la gestion du trafic aérien, maritime et, de plus en plus, automobile.
Piloté conjointement par l’UE et l’Esa dans sa phase initiale, Galileo sera le premier système de navigation par satellite sous gestion civile, alors que les systèmes existants, l’américain GPS et le russe Glonass, dont il sera complémentaire, restent contrôlés par les militaires. Représentant un investissement total de 3,8 milliards d’euros, Galileo permettra de localiser un objet en temps réel et au mètre près, sur n’importe quel point du globe, une performance hors de portée des systèmes actuels. L’ampleur des enjeux a fait que la genèse du projet a été laborieuse: les négociations ont traîné en longueur pour répartir l’effort financier et les retombées industrielles entre Etats participants, choisir l’opérateur, sélectionner un siège et conclure le contrat de concession. Résultat: le projet a pris pratiquement deux ans de retard sur le calendrier initial.
Ces retards placent le projet sous pression: Galileo doit envoyer un satellite en orbite avant juin 2006 sous peine de perdre ses droits sur les fréquences octroyées par l’Union internationale des télécommunications.
Synthèse L’Economiste